mardi 23 février 2016

Ecce Homo: Comment on devient ce que l'on est (1888) de Friedrich Nietzsche


Avec ce livre, Nietzsche fait un cadeau à ses lecteurs les plus cons. En effet, il exprime point par point le contenu et l'objectif de chacun de ses textes antérieurement commis. Ainsi, si vous aviez lu « le Gai savoir » en croyant qu'il s'agissait d'un genre de traité sur l'histoire épistémique de l'homosexualité, vous apprendrez que vous avez foiré. 


Il se peut toutefois que malgré cette explicitation criminelle, vous trouviez toujours que Nietzsche reste obscur dans son propos. En effet, rappelons que peu de temps après avoir bouclé ce paperon, nous considérons que Nietzsche sombra dans la folie –ce qui est un peu présomptueux de notre part. Quelques passages sentent parfois l'inflation. Jacques Lacan dirait que Nietzsche se prend pour le Sujet Supposé Savoir ; or, Lacan avait bien précisé qu'aucun individu ne peut être son propre SSS et qu'il fallait le projeter avant tout sur le personnage de son psychanalyste, ce qui est assez rentable pour ce dernier. Donc, Nietzsche aime bien prendre des airs grandiloquents pour bien faire comprendre à la populace qu'il a tout compris et qu'il emmerde le monde. Même s'il a raison, au bout de trois pages de ce discours, on commence à avoir envie d'entendre autre chose. 


Je recommanderais cependant aux quelques déficients qui jugent Nietzsche inaccessible d'essayer de lire au moins le titre des chapitres de cet ouvrage avant d'abandonner définitivement. C'est drôle, Nietzsche a plutôt de l'humour. Ainsi, premier chapitre : « Pourquoi je suis si sage ». Puis : « Pourquoi je suis si malin ». Ensuite : « Pourquoi j'écris de si bons livres ». Enfin : « Pourquoi je suis une fatalité ». le passage sur « Pourquoi je suis un si bon coup » a été oublié. 


Voilà pour la mise en page. Mais peut-être me lisez-vous depuis le début pour réussir votre baccalauréat ? Voici les bonnes réponses à fournir : 


- « L'origine de la tragédie » : interprétation du phénomène dionysien chez les Grecs avant que Socrate ne vienne foutre le bordel en opposant la raison et l'instinct.

- « Les considérations inactuelles » : Attaque contre la culture allemande insignifiante, attaque contre la science empoisonnée, conception d'une culture supérieure détachée de tout personnalisme et de toute discipline.

- « Humain, trop humain » : Anéantissement du délire sacré, de l'idéalisme, des beaux sentiments et autres saloperies.

- « Aurore » : Début de la campagne contre la morale chrétienne avec tout ce qu'elle implique de renoncement à soi.

- « le gai savoir » : Reprendre « Aurore » et élever le propos au carré.

- « Ainsi parlait Zarathoustra » : Conception du dionysien comme acte d'éclat et d'affirmation de la plus haute santé. Apprentissage de la méchanceté. 

- « Par-delà le bien et le mal » : Critique de la modernité, des sciences modernes, des arts modernes, de la politique moderne, etc.

- « Généalogie de la morale » : Psychologie du christianisme né dans l'esprit du ressentiment, présentation de la psychologie de la conscience qui est instinct de cruauté, résolution du problème de l'idéal ascétique 

- « le crépuscule des idoles » : Anéantissement des vérités anciennes. 


Et si vous croyez qu'en ayant lu cet « Ecce homo » vous avez bouffé une biographie de Ponce Pilate, vous êtes dans la merde. 

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