lundi 28 juillet 2014

Tous les espoirs de guérir – Tome 2 (1974) de Jean Palaiseul






Et si on calmait les prétendus progrès de la médecine en rouvrant les livres de thérapeutique des années 70 ? Jean Palaiseul, montre-nous ce que tu as dans le ventre. 


Avant d’ouvrir le livre, je ne lui accordais pas une durée de lecture supérieure à un quart d’heure –le temps de me rendre compte que les propos méritaient tout juste mon attendrissement condescendant envers une époque que des décennies d’expérimentations auraient révolue. Ma lecture prit finalement plus de temps que prévu jusqu’à ce que, ayant refermé la dernière page, je décide de revenir plus rapidement au point d’origine de ce volume pour lui accorder l’attention qu’il mérite. 


Jean Palaiseul aborde une quinzaine de thérapeutiques dénigrées à son époque et aujourd’hui véritablement tombées en désuétude ou reconsidérées à l’aune de nos récents penchants vers les remèdes alternatifs. La liste exhaustive est la suivante :
• Cellulothérapie (Paul Niehans) : Sollicitation faite à un organisme déficient de s’éveiller par une implantation par injection.
• Solvarome (Jean Valnet) : Mélange d’huiles essentielles.
• Rhumacutine (Wilhelm Ponndorf) : Ajout à un vaccin antituberculeux d’un autolysat d’albuminoïdes.
• Techniques manuelles réparatrices : Méthode seifuku inventée par les médecins judokas d’antan.
• Alphosyl (laboratoire de New Jersey) : Crème dont les composants sont un extrait spécial de goudron de houille et d’allantoïne.
• Peroxydases synthétiques (Jean Solomidès) : Injection d’ERP provoquant l’autolyse de la cellule cancéreuse.
• Jaunitine : Comprimés de plantes pures séchées et pulvérisées.
• Bol d’air (René Jacquier) : Bol insufflant des composés de térébenthine afin d’améliorer la fixation de l’oxygène.
• Proper-myl (Protti) : Utilisation des levures dans un rôle thérapeutique.
• Argile : en usage externe ou interne.
• Umka (Sechehave) : Herbe africaine.
• Méthode Osterman (Herbert Osterman) : Semelles adaptées pour le rétablissement de l’équilibre du bassin.
• Viscumthérapie (Rudolf Steiner) : Considération des déséquilibres entre le corps physique et le corps éthérique.
• Graines Jura : Macération de neuf plantes médicinales dans du cognac.
• Homéopathie (Christian-Samuel Hahnemann).
• Vit-u-pept (Garnett Cheney) : Comprimés contenant de la vitamine U (composé actif du chou).
• Toile souveraine : Pansement avec un onguent à base de protoxyde de plomb.
• Sepdélénothérapie (Alexandre Müller) : Composé de sels minéraux.
• GT 50 (Edward Calvin Kendall) : Combinaison de vitamines, d’hormones et de substances neurotropes.
• S.B.S. : Préparation à base de mucopolysaccharidique (molécule présente en abondance dans les êtres vivants jeunes et servant à l’activité des échanges du liquide interstitiel).
• Méthode du Docteur Rouger : Solution d’oléate de soude et de stéarate de soude.
• Capillarothérapie (Alexandre Salmanoff) : Stimulation de la partie humorale des organes par la prescription de bains chauds.


Chacune de ces méthodes devrait pouvoir guérir des affections spécifiques et dans leur ensemble, elles constituent une pharmacopée qui pourrait être absolue si ce n’étaient leur difficulté d’accès et la rareté des composants qu’elles peuvent utiliser.


Que peut-on penser aujourd’hui de cette liste d’applications ? Si l’homéopathie, l’argile ou les méthodes techniques manuelles gagnent du terrain et trouvent de moins en moins d’opposants, il faut se rappeler que leur légitimation a pris du temps et s’est heurtée à de nombreux discrédits –ainsi vaut-il mieux faire preuve aujourd’hui de modestie avant de rejeter intégralement les aberrations de la Toile souveraine et de son composant au plomb ou du GT50 et de ses hormones. Le livre de Jean Palaiseul ne constitue pas un plaidoyer dont nous serions les juges habiles à déclarer la plus ou moins grande légitimité d’un traitement. Même lorsque les remèdes proposés nous semblent défier les règles de la médecine actuelle –une médecine qui évolue, se contredit et se réforme d’année en année-, le cheminement d’un homme ou d’une équipe de chercheurs ne ment jamais sur une réalité de la maladie et de la médecine visée par leurs études. 


Il peut sembler stupide que des bains chauds réguliers puissent améliorer la santé d’un individu et pourtant, il suffisait de réfléchir au fait que la chaleur dilate les vaisseaux sanguins –augmentant ainsi la quantité d’échanges intracellulaires et améliorant la nutrition, sollicitant le système immunitaire et permettant une meilleure irrigation générale de l’organisme- pour comprendre que la chaleur est au moins un traitement de fond bénéfique s’il n’est pas le remède miraculeux qui permettra de redonner la vie à un mourant.


Déjà, le cancer apparaissait en tête des terreurs médicales à asservir rapidement à la connaissance humaine. Différentes manières de combattre cette maladie ont résulté de réflexions presque philosophiques : qu’est-ce que le cancer ? à quel processus social ou politique peut-on le rapporter ? Pour Rudolf Steiner, il s’agit d’un désaccord entre le corps physique et le corps éthérique, c’est-à-dire entre la matière et la forme, ce qui rappelle étrangement le concept de maladie somatique que l’on connaît bien aujourd’hui. Pour Jean Solomidès, la cellule cancéreuse est une cellule folle qu’il s’agit d’éliminer non pas de l’extérieur mais par une sollicitation intérieure, en injectant des ferments qui provoqueront son autolyse. Cet exemple nous présentant deux conceptions différentes ne doit pas nous faire croire que le livre de Jean Palaiseul est contradictoire : peut-être y a-t-il un peu de vrai dans chacune de ces modélisations. La médecine idéale serait la médecine quantique, celle qui ne se prend pas pour de la politique et qui n’élit pas une bonne fois pour toutes un parti en exclusion de tous les autres, mais celle qui considère tous les états possibles pour mieux choisir, en fonction du moment et de la personne voulus, celui qui conviendra le mieux. Ainsi pourra-t-on peut-être atteindre à cette « vie éternelle » dont rêvait Alexandre Müller et qui est la justification de l’existence de ce livre foisonnant. 



Que nous apprend la rhumacutine ?

Citation :
« C’est en étudiant les propriétés de la peau que le Dr Ponndorf remarqua qu’elle constitue pour le corps humain le meilleur organe par l’intermédiaire duquel on peut l’immuniser. Elle ne se contente pas, en effet, de filtrer des toxines bactériennes avant de les laisser pénétrer dans l’organisme, mais elle les accumule dans sa couche spinocellulaire, c’est-à-dire dans la partie superficielle de l’épiderme, où elle leur fait subir certaines modifications chimiques avant de les transmettre de façon permanente au sang. »


Et si on retrouvait les plantes ?

Citation :
« Les romains appelaient [la sauge] « l’herbe sacrée » et le Dr J.-B. Chomel dit d’elle : « Cette plante a tant de vertus qu’elle passe dans l’esprit de plusieurs pour une plante universelle et propre à tous les maux » ; […] l’ouvrage La Santé par les plantes d’Oertel-Bauer déclare qu’elle « exerce une influence salutaire sur l’organisme tout entier » . C’est un stimulant des fonctions de l’estomac ; elle nettoie le foie et les reins, améliore les sucs gastriques et le sang. »


Description du fonctionnement du bol d'air mis au point par René Jacquier (et de plus en plus à la mode en ce moment) :

Citation :
« […] De l’air barbote dans un flacon contenant de la térébenthine, et cet air, chargé de vapeurs de terpènes, souffle violemment, par l’intermédiaire d’un chalumeau, une petite flamme d’hydrogène qui est ainsi violemment refroidie […]. Ce refroidissement violent de la flamme d’hydrogène par un air contenant de la térébenthine, engendre la formation, à partir de cette dernière, de dérivés oxonium. Ces produits respirés […] conduisent à la formation dans les poumons du complexe biocatalytique oxygénant hémoglobine-oxyde à double liaison fragile, c’est-à-dire qu’ils augmentent considérablement et de façon durable l’activité physiologique de l’hémoglobine, donc augmentent puissamment l’assimilation permanente de […] l’oxygène de l’air. »


Méthode de dépistage précoce du cancer mise au point par Rudolf Steiner (réaction capillaire-dynamique) :

Citation :
« […] Dans une première phase, on fait pomper par du papier-filtre spécial roulé en cylindre une solution d’eau distillée et de sang prélevé dans la veine cubitale du sujet ; cette solution monte dans le papier et y dessine une ligne, parallèle à la base, qui semble avoir été tracée au crayon rouge ; dans une seconde phase, on fait monter dans le papier –qui a séché pendant quatre à cinq heures –un réactif à base de gui qui envahit la zone imprégnée et finit par en percer la ligne supérieure ; si le sang est normal, il se forme, au-dessus de la première ligne, une nouvelle ligne uniformément ondulée ; si le sang est cancéreux, on voit se dessiner des excroissances qui finissent par prendre une forme rappelant celle d’un chou-fleur. »


Quand la médecine devient poésie... à tort ou à raison ?

Citation :
« Parce que ce sont les forces lunaires qui ont exercé leur action cosmique dans la constitution du système nerveux central et parce que l’argent parmi les métaux, les perles parmi les pierres précieuses et le pavot parmi les plantes sont subordonnées à la Lune, pour toutes les affections du système nerveux central, le médecin-alchimiste se servira en premier lieu d’argent en dissolution spagyrique, combiné éventuellement avec des perles et du pavot, tous deux en préparation spagyrique. »


*peinture de Gerhard Mantz

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